Haut potentiel Intellectuel

Enfants précoces et surdoués : comment est vécue cette différence ?

enfants qui font une activité intellecytuelle

L’écoute de l’émission d’Europe 1 du 31 octobre dernier animée par Olivier Delacroix et intitulée “Enfants précoces et surdoués : comment vivre cette différence ?” a inspiré cet article. En France, dans chaque classe il y a au moins un enfant à haut potentiel. Tester la précocité d’un enfant c’est prendre en compte ce que Jean-Charles Terrassier a nommé “le syndrome de dyssynchronie” dans son ouvrage intitulé Les enfants surdoués ou la précocité embarrassante (Edition ESF).  Ainsi, diagnostiquer le haut potentiel c’est examiner le fait que l’enfant concerné peut être compétent dans un domaine et parfaitement immature dans un autre. Cette précocité n’exclut pas toujours les difficultés scolaires. Pas toujours mais il est important de souligner qu’il y a des surdoués qui vont bien, qui réussissent à l’école… ! Lorsque ce n’est pas le cas il est important de le repérer tôt afin d’accompagner ces enfants de manière adaptée et de leur permettre de vivre au mieux leur différence.

 

1 – La dyssynchronie interne

   a) Haut potentiel et psychomotricité

L’enfant à haut potentiel peut être accusé de maladresses, en particulier parce qu’il a des problèmes d’ordre graphique : son cerveau va plus vite que sa main. Ceci est notamment visible chez les garçons.

Dans l’émission d’Europe 1, Jeanne Siaud-Facchin, psychologue spécialiste des surdoués qu’elle nomme “zèbres” a souligné cette vitesse de traitement : “Ce sont des enfants qui vont très vite, qui traitent très vite les informations, qui ont de grandes capacités d’analyse, qui ont une vision du monde à 360 degrés.”

  b) Intelligence / affectivité

Ces enfants font preuve d’une grande maturité intellectuelle représentant un décalage parfois important avec une immaturité affective non négligeable.

Jeanne Siaud-Facchin a ajouté au micro d’Olivier Delacroix : “Des enfants qui ont une très grande curiosité, qui ont besoin de sens, qui ont besoin de comprendre, qui ont ce besoin insatiable de pourquoi avec des questions existentielles qui peuvent être très précoces.”

 

2 – La dyssynchronie sociale

  a) A l’école

En classe cette curiosité, ces questionnements ne trouvent pas des réponses susceptibles de satisfaire leur besoin de compréhension, de signification dans les enseignements dispensés. L’enfant éprouvent alors de l’ennui et est sujet à la distraction.

La créatrice des Centres Cogito’Z l’a très bien précisé lors de l’émission radio de mercredi : “Des enfants aussi qui ont une grande sensibilité. Et il ne faut pas confondre sensibilté avec sensiblerie ! La sensibilité c’est une forme de porosité au monde et ce sont finalement des enfants puis des adultes qui vibrent avec le moindre murmure du monde. Donc ils sont tout le temps un peu en alerte, avec un besoin d’accomplissement, un besoin d’urgence, quelque fois d’impatience, beaucoup d’attentes par rapport au monde et c’est cela qui peut créer, quand l’environnement n’est pas ajusté, des décalages. C’est très important que l’école puisse s’ajuster. Aujourd’hui les réponses pédagogiques adaptées sont assez pauvres à l’école telle qu’elle est et la seule possibilité c’est de sauter des classes mais cela ne résout pas tout à fait le problème.”

Il est donc nécessaire que l’environnement scolaire soit stimulant.

Le décalage est également présent dans le rapport avec les autres enfants. C’est pour cette raison qu’ils recherchent à entretenir une relation avec des personnes plus âgées qu’eux et qui auront des centres d’intérêts, des réflexions plus en adéquation avec leurs attentes.

  b) A la maison

Les parents se retrouvent alors avec des difficultés d’éducation fréquentes : ces questions métaphysiques que leur enfant pose et auxquelles ils ne savent pas toujours donner un éclairage satisfaisant pour l’esprit ayant un fonctionnement en arborescence. Ceci engendre un malentendu concernant les besoins affectifs de ces enfants qui sont avant tout des enfants avec un raisonnement d’adulte mais des jeunes avec des besoins affectifs très importants, parfois immatures.

L’expérience clinique de Jeanne Siaud-Facchin lui a montré qu'”il est important de trouver des interlocuteurs qui puissent les alimenter, les enrichir, qui puissent répondre à leurs questions car, après, quand cela n’est pas possible, à ce moment-là, on va se retrouver avec une grande intolérance à la frustration. Combien de fois j’ai entendu les ados dire : “Moi je croyais que j’étais fou ou bien débile. Et, quand j’étais dans un groupe d’ados il y avait comme une vitre entre nous ; je n’arrivais pas tout à fait à être en connexion.” ”

 

L’envie de s’adapter, de se conformer aux attentes autour de soi peut faire qu’ils s’oublient eux-mêmes, s’éloignent de qui ils sont. Il est alors primordial de les aider à trouver un équilibre afin qu’ils soient suffisamment eux-mêmes sans pour autant en opposition systématique avec le système dont le fonctionnement n’est pas identique.Il est très important de les entendre. Car cette forme d’intelligence peut apporter beaucoup.

Il y a des pistes d’espoir avec le travail que fournit l’équipe de Jeanne Siaud-Facchin avec les entretiens ministériels actuels…

 

Je propose moi-même un accompagnement individuel pour les enfants, les adolescents et les étudiants à haut potentiel. S’épanouir c’est également des activités en groupe adaptées à ces jeunes qui ont des difficultés attentionnelles.

 

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